Fanny Agostini - Journaliste, conférencière & animatrice d'événements sur la transition écologique

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L'Europe vient de voter un objectif climatique pour 2040. Moi, j'ai déjà commencé.

· Écologie de terrain · Climat

Le 5 mars 2026, le Conseil de l'Union européenne a officiellement adopté la directive fixant un objectif climatique contraignant pour 2040 : moins 90 % d'émissions nettes de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990. Les communiqués se sont succédé, les experts ont commenté, les ONG ont applaudi ou nuancé. Moi, ce jour-là, j'étais dans mon potager en Haute-Loire, à préparer mes premiers semis de l'année. Et j'ai pensé : dans quatorze ans, ces objectifs seront-ils encore de l'écologie de bureau ?

Ce que dit vraiment la directive

Après des mois de négociations entre le Parlement européen et le Conseil, le texte est désormais acté. L'UE s'engage à une réduction de 90 % des émissions nettes d'ici 2040 par rapport aux niveaux de 1990. C'est une étape juridiquement contraignante entre l'objectif 2030 (moins 55 %) et la neutralité carbone prévue en 2050.

Le texte introduit aussi une flexibilité : à partir de 2036, jusqu'à cinq points de pourcentage des réductions pourront provenir de crédits carbone internationaux. Une porte entrouverte qui a fait grincer des dents chez les défenseurs d'une décarbonation strictement domestique. Je comprends leur vigilance. Un objectif, même contraignant, n'est qu'un cap. La trajectoire, elle se construit au sol.

La distance entre les textes et la terre

Je ne suis pas climato-sceptique. Je suis journaliste spécialisée environnement depuis quinze ans, j'ai co-fondé le Climate Bootcamp avec Cédric Ringenbach pour former des centaines de journalistes aux enjeux climatiques, j'ai vu les données du GIEC de l'intérieur. Je crois à l'urgence. Je crois aussi que la distance entre un objectif voté à Bruxelles et une réalité vécue dans un village de Haute-Loire peut être vertigineuse.

Quand on parle de réduction des émissions à l'échelle européenne, on parle d'industries, de réglementations, de marchés carbone. Des leviers réels et nécessaires. Mais sur le terrain, ce que je vois, c'est autre chose : des agriculteurs étranglés entre des injonctions contradictoires, des collectivités qui manquent de moyens pour rénover leurs bâtiments, des familles qui n'ont pas les ressources pour changer leur chaudière.

Un objectif climatique sans politique d'accompagnement concrète, c'est une promesse sans adresse.

Ce que j'ai appris en vivant l'écologie plutôt qu'en l'animant

J'ai quitté Paris pour mettre en cohérence mon discours et ma vie. Depuis ma ferme en Auvergne, avec mes 500 m² de potager en permaculture, mes conserves, ma lactofermentation, je nourris ma famille à 70 % sans mécanisation lourde et en circuit fermé. Ce n'est pas un exploit. C'est une démonstration.

Une démonstration que les gestes individuels ne suffisent pas à eux seuls — je suis la première à le dire dans mes conférences. Mais aussi que sans ancrage concret, sans compréhension intime de ce que signifie réduire son empreinte au quotidien, les grands objectifs restent abstraits. Pour les décideurs comme pour les citoyens.

C'est exactement ce que j'explore dans mon article sur comment l'écologie de terrain a révolutionné ma crédibilité de journaliste : la connaissance du réel comme fondement de toute parole sur le climat.

Trois questions que cet objectif devrait obliger à poser

1. Comment accompagner le monde agricole sans le sacrifier ?

L'agriculture représente une part significative des émissions européennes. Mais elle est aussi la seule activité humaine capable de stocker du carbone, de préserver la biodiversité, de nourrir les populations. Traiter les agriculteurs comme un problème à résoudre plutôt que comme des acteurs centraux de la solution, c'est une erreur stratégique autant qu'humaine. J'en suis convaincue depuis que j'ai les mains dans la terre.

2. Quelle place pour les territoires ruraux dans cette transition ?

La Haute-Loire où je vis n'est pas un désert. C'est un territoire vivant, avec des savoir-faire, des ressources naturelles exceptionnelles, des agriculteurs qui pratiquent déjà des formes d'agroécologie sans en avoir le label. Ces territoires ne demandent pas à être sauvés. Ils demandent à être reconnus et soutenus.

3. Comment éviter que cet objectif ne reste lettre morte ?

2040, c'est dans quatorze ans. C'est le temps qu'il faut pour qu'un enfant devienne adulte. Pour qu'un verger entre en pleine production. Pour qu'une forêt change de visage. C'est court et long à la fois. Court pour les transformations industrielles nécessaires. Long pour garder une ambition politique stable au fil des élections et des alternances.

Ce que j'attends : des ponts, pas des injonctions

Je ne suis ni eurosceptique ni naïve. Avoir un cadre juridique contraignant à l'échelle européenne, c'est infiniment préférable à l'absence d'engagement. Bruxelles peut faire ce que les États membres n'ont pas toujours le courage de faire seuls.

Mais ce que j'attends de ce type de directive, c'est qu'elle crée des ponts entre les grandes ambitions et les réalités du terrain. Qu'elle finance la rénovation énergétique dans les zones rurales. Qu'elle soutienne les paysans qui stockent du carbone dans leurs haies plutôt que de les pénaliser. Qu'elle rende visible et désirable une écologie qui se vit, pas seulement une écologie qui se vote.

L'objectif 2040, je l'espère tenu. Mais ce qui se joue aujourd'hui, dans nos fermes, nos communes, nos cuisines, c'est déjà le vrai terrain de la transition.

Si vous souhaitez que ces questions soient au cœur de vos événements d'entreprise ou institutionnels, découvrez mon approche sur ma page dédiée à l'animation de débats sur la transition écologique.

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